Johan Reding, l’ancêtre (1715-1798)

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Grand-père du docteur Reding.

Johan Reding, qui ouvre cette saga, nait il y a trois siècles, vers 1715, à quelques mois de la mort de Louis XIV , probablement à Meysembourg un petit bourg situé à 20 km au Nord de la ville de Luxembourg, entre Mersch et Larochette. Ce village est mentionné dès le XII ième siècle. Aujourd’hui, seuls un château et une jolie chapelle en perpétuent le souvenir.

Johan parle allemand comme tout le monde à Meysembourg, il comprend probablement le français. Il sait lire et compter, ce qui n’est pas courant à son époque, et il est agriculteur et drapier.
Ses parents, Matheis Klein et Catherine Reding, lui cèdent la maison Steinmetz à condition qu’il s’engage à doter ses soeurs, et à s’occuper d’eux dans leur grand âge. 
Il se marie probablement en 1743 ou 1744 avec Catherine Retz, dont nous ne savons rien. Elle est peut-être originaire de Kerpen dans l’Eiffel. 

Leur premier fils, Henri nait le 28 février 1745. Philippus Betz, le curé du village voisin de Nommern dont dépend Meysembourg, enregistre le baptème de Henri et ses parrain et marraine, et note qu’il est né de Johan Reding et de Catherine, sa femme. Le nom de famille de Catherine (Retz) n’est mentionné que dans un acte, celui de sa fille Marie-Elisabeth: elle est connue par son seul prénom dans les autres actes de naissance et dans les actes notariés où elle intervient . 

Nous trouvons des traces de transactions sur des terres chez divers notaires, ainsi que de l’héritage de la soeur de sa mère, Elisabeth Reding et de l’époux de celle-ci, Johan Conrad Reulandt. 

De 1745 à 1759, sa femme Catherine lui donnera 8 enfants, dont cinq survivront : Henri, Jean-Conrad, Nicolas, Catherine et Marie-Françoise. De leur enfance, on ne sait pas grand’chose : Les deux premiers seront confirmés en 1750, les deux suivants en 1756, et la dernière, en 1764 . Tous ont appris à lire et à écrire, et les garçons iront tous étudier au collège des jésuites de Luxembourg. Leurs vies, ainsi que celles de leurs sœurs seront racontées dans leurs biographies respectives.

En 1766, l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche ordonne un recensement général de ses états, ainsi qu’un relevé cadastral. L’objectif est évident : connaître au mieux la richesse (essentiellement foncière) de ses sujets, et améliorer ainsi la perception de l’impôt. Avant cela, il existait des dénombrement des feux, qui permettaient d’évaluer environ tous les cinquante ans la progression du nombre d’habitants des villes et villages. Mais le recensement de Marie-Thérèse innove, parce qu’il donne pour la première fois une vue complète de la propriété foncière dans les états des Habsbourg.

    Petite histoire politique de Luxembourg ; guerres sessions territoriales, autorités politiques

Dans ce recensement, Johan Reding est qualifié de drapier , et d’après le relevé cadastral de 1766, il est propriétaire d’une maison, et de quelques terres . quelques années auparavant, , le seigneur de Meysembourg, Théodore François de Paule de Custine, comte de Wiltz et de Loupy, baron de Meysembourg et d’Aufflance, donne un aperçu exhaustif de ses terres et des droits féodaux y afférents . Notons au passage  que le servage n’a été aboli dans le G-d De Luxembourg qu’en 1782.

En 1767, le seigneur Théodore François de Custine offre à Jean-Conrad Reding, fils puiné de Johan Reding une bourse pour poursuivre ses études au collège des jésuites à Luxembourg, en faisant état de ses droits sur la bourse Brandebourg .

En 1769, le 17 avril, Catherine, la femme de Johan, meurt, et est enterrée deux jours après dans le cœur de l’église de Nommern . Catherine laisse 5 enfants de respectivement 24, 22, 18, 15 et 12 ans.

Près d’un plus tard, le 5 mars 1770, Johan Reding se marie à Betzdorf avec Marie-Catherine Wagener. Marie-Catherine est la fille de Peter Wagener, et de Marguerite Kohnen. Elle sera souvent citée comme Marie-Catherine Kohnen, du nom de sa mère.

A 55 ans, Johan Reding est devenu un personnage de quelque importance. Il a deux filles en bas âge et il se remarie rapidement après le décès de son épouse, comme le font souvent les veufs de l’époque. Mais, coup de théâtre, deux mois après ses secondes noces, en juillet 1770 Apolline Molitor, une jeune fille du village l’accuse auprès du curé et de l’échevin synodal de lui avoir fait un enfant « entre la chandeleur et le dimanche gras » .

Johan s’insurge et demande réparation auprès de l’officier de Meysembourg, Philippe Servais.  Son honneur et celui de sa famille ont été bafoués. L’officier de Meysembourg, Philippe Servais, renvoie Apolline et Johan dos-à-dos vers la justice locale. Nous n’avons pas trouvé la suite de cette plainte, mais Apollonia a accouché en octobre 1770 d’une petite Catherine qui est morte cinq mois plus tard.

Johan Reding est-il le père de la petite Catherine ? Est-ce pour cela qu’il décide de quitter Meysembourg ? Toujours est-il que quelques mois plus tard, nous le retrouvons comme officier du baron de Tornaco à Messancy. Il y réside avec sa femme dans le château. Quatre fils naitront à Messancy, dont au moins les deux derniers survivront : Jean-Baptiste et Jean-François .

Le 30 juin 1774, Catherine Lucas, veuve Lintgen, résidant à Luxembourg, lui intime par huissier de payer la pension qui lui est due pour avoir logé et nourri ses enfants Jean Conrard et Nicolas pendant deux ans. Le document est savoureux et nous apprend beaucoup sur la vie de Johan et de ses enfants. Johan y apparait comme un personnage assez dur en affaires, qui prétend ne rien devoir à Catherine Lucas puisqu’aucun contrat écrit ne les lie. Il semble aussi avoir été dur avec ses enfants, et ceux-ci le lui rendent bien en fournissant à Catherine Lucas des détails sur leur père qu’elle n’a pu connaître que parce qu’ils les lui avaient confiés. On sent l’influence de Nicolas, son troisième fils, qui est en stage auprès de l’avocat Leurs qui rédigera la plainte. On y apprend entre autres que tous les biens de Johan proviennent de sa première épouse, et que les fils ainés Henri et Jean Conrad se destinent à la prêtrise (nous y reviendrons dans le chapitre deux). Catherine Lucas affirme que Johan vient chaque semaine à Luxembourg pour affaires, et dit qu’il aurait été tellement sévère avec sa fille Catherine qu’elle aurait décidé de quitter le domicile et de se placer à Marville . Quant à Françoise, elle aurait été chassée de la maison pour n’être pas rentré directement de Luxembourg un soir de fête. Voir Procès de la logeuse des enfants Reding contre Jean Reding, leur père, officier à Messancy

En 1775, il semble avoir été remplacé dans la fonction d’officier de Messancy .

Son fils Nicolas, devenu procureur, se marie en novembre 1775 à Luxembourg avec Gertrude Martin, fille de Ludovic Martin, bourgeois rôtisseur de Luxembourg ville.

Johan est, selon la coutume parrain de leur premier fils, Jean, qui nait en septembre 1776. Un second fils. Jean-Louis naitra en janvier 1778, suivi de deux filles, Anne Catherine en 1780 et Marie-Anne en 1784.

En 1777 Johan devient officier des Monflin, à Hondelange . Il réside avec sa femme au château des Monflin, et une fille, Catherine, y naitra en mars 1779. Johan a alors 64 ans.

Notons au passage que non-seulement Johan donne aux deux premiers enfants de son second mariage le prénom de Nicolas, alors que le troisième fils de son premier mariage porte déjà ce prénom, mais en plus il lui demande de devenir parrain de son demi-frère. Il agira de même avec sa dernière fille Catherine, en demandant à sa fille Françoise d’en devenir marraine.

Nous ne savons pas comment s’est terminé le contrat avec les Monflin, mais toujours est-il que nous retrouvons Johan Reding comme officier à Beaufort en 178o Il réside au chateau de Beaufort où son fils Nicolas exerce comme notaire à partir de la même année. Il semble de temps en temps avoir outrepassé son rôle d’officier, qui n’inclut pas de pouvoir de justice.

En juin 1782, sa fille Catherine se marie avec Nicolas Huttert, fils de Jean Huttert, chapelier à Arlon et Marie Theis. Johan est présent au mariage de sa fille, qui est béni par le curé d’Arlon, François Joseph Matthai en présence de Jean-François Pierrot, vicaire de Meix-le-Tige et de Jean Conrad Reding curé de Bercheux chez qui Catherine réside avant son mariage. Catherine et Nicolas s’établiront à Arlon et auront trois fils, Jean-Baptiste, Jean-Conrad et Adam. Johan sera parrain de l’ainé. Catherine décèdera peu de temps après la naissance de son troisième fils, en février 1786. Nicolas Huttert se remariera avec Anne-Marie Krier, en octobre de la même année.

En février 1785, sa fille Marie-Françoise se marie avec Lambert Schlösser, fils de Jean-Guillaume Schloesser, drapier, et de Anne Marguerite Adamy. Le contrat de mariage a été établi par son frère Henri, prêtre et cellérier du baron de Warsberg à Esch-sur-Sûre, et Jean-Guillaume Schloesser du même lieu, devant le notaire Erpeling de Esch-sur-Sûre. Henri représente son père, qualifié d’officier de Beaufort .

Le mariage sera béni à Bercheux par Jean Conrad Reding, chez qui Marie-Françoise réside depuis quatre ans. Les époux auront six enfants. D’après le testament de Henri Reding, trois de ces enfants seraient muets. Johan Reding sera le parrain de l’ainée, la marraine étant Anne-Marguerite Adamy (la grand-mère) Anne-Marguerite, née le 16 juin 1786 à Eschdorf. La seconde fille, née en octobre 1787 sera également nommée Anne-Marguerite, et aura pour parrains et marraine Henri Reding et Anne Marguerite de Stassin . Le troisième, Nicolas, né en septembre 89 ou 91 aura pour parrain et marraine Nicolas Reding (pro tunc officialis in Esch) et Margaretha Schaack, d’Esch. Le quatrième, Conrad aura évidemment pour parrain Jean-Conrad Reding, représenté par Nicolas Bauschleit de Esch et pour marraine Thérèse Flesch de Vianden. Naitront ensuite Theresia le 30 avril 1794, et Antoinette le 5 octobre 1796. Theresia aura les mêmes parrains et marraines que Conrad, et Antoinette aura pour parrain Jean-Charles Schloesser et pour marraine Antoinette Krier d’Arlon

Son fils Nicolas, né de son second mariage, décèdera à Beaufort le 17 avril 1788, âgé de 17 ans.

Johan Reding décèdera le 23 juin 1798, âgé de 83 ans à Beaufort. Son épouse lui survivra et s’éteindra le 8 octobre 1819 à Beaufort.

Voir aussi: Données généalogiques et textes de référence


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