Le Docteur Jean-Louis Reding (2)

Le Docteur Jean-Louis Reding (2)

Anecdotes et questions

La vie de Jean-Louis Reding est joliment racontée par Auguste Neyen, et il s’est certainement basé sur des documents d’époque pour établir sa biographie.

Mais il est des zones d’ombre: qu’est-ce que Jean-Louis Reding a fait entre ses 18 ans (1796) et son entrée à l’université de Strasbourg (1804) ? A-t-il fui comme d’autres la terreur, et s’est-il réfugié en Allemagne ou plus loin ? Son oncle, le demi-frère de son père, François Reding, joallier, s’est marié à Dorsten en 1798. l’aurait-il rejoint ?

Quelles étaient ses relations avec son père, le notaire Nicolas Reding, qui semble avoir disparu au cours de la même période, après avoir abandonné son étude de notaire à Ettelbrück.
Il refuse sa succession lorsqu’il décède – sans biens- – à Arlon en 1837, âgé de 85 ans? là aussi, la question se pose de savoir ce qu’est devenu le notaire Reding pendant les quarante dernières années de sa vie. Parfois on le dit mort, comme dans l’acte de décès de sa femme en 1806. Mais il apparait bien vivant au mariage de son fils et au baptème de son petit-fils.

Apparemment, ses oncles prêtres, Henri et Jean Conrad ont financé ses études: voir la dédicace de sa thèse de médecine. Mais s’il a conservé d’excellentes relations avec son oncle Jean-Conrad, qui l’a désigné comme exécuteur testamentaire, son oncle Henri l’a à peine cité dans son testament.

Jean-Louis devait avoir un caractère bien trempé, si on en juge par son discours fleuve à la séance d’inauguration de la Société de Médecine du Luxembourg. Il y défend le rôle du docteur en médecine comme seul habilité à pratiquer la médecine lui a valu de solides inimitiés, allant jusqu’à une tentative de meurtre sur sa servante!

Jean-Louis Reding a vécu une période clé de l’histoire: il est né sous l’ancien régime en 1778, il avait 17 ans quand les français ont envahi le Luxembourg en 1795, il a vécu la fermeture des universités par le gouvernement révolutionnaire, et a profité de leur réouverture en s’inscrivant à la faculté de médecine de Strasbourg en 1804.
Après avoir présenté sa thèse en 1807 il a participé à des campagnes dans les armées de Napoléon (dont la campagne de Russie, pendant laquelle il était médecin adjoint à Glogau) et il s’est marié à Arlon et établi là comme médecin, 43 rue des Capucins.

En 1830, lors de l’indépendance de la Belgique, il a co-signé une motion d’encouragement à la révolution belge, qui a été publiée dans plusieurs journaux dont le journal des Flandres du 20 novembre 1830.

 

Dès son installation à Arlon, jusqu’à son décès, il a été inspecteur des écoles, président de la commission médicale du Luxembourg et membre du conseil communal d’Arlon.

Il est mort en 1850, relativement jeune, à 72 ans, tandis que sa femme qui est retourné vivre à Luxembourg, est décédée à 87 ans en 1882.
Leurs enfants ont tous quitté Arlon: Anne-Henriette s’est mariée à Luxembourg, Jean-Nicolas et son épouse sont partis vivre à Malines, Lambert s’est établi comme pharmacien à Bruxelles, Charles a sillonné la Belgique avec sa jeune épouse au gré des affectations d’officier, Antoine s’est établi comme marchand de vin à Bruxelles, Anne-Thérèse a suivi son époux Jean-Louis Dorsinfang, receveur de contributions, à Péruwelz et s’est finalement installée à Bruxelles, tandis que Monique-Augustine épouse Jean-Gilles Delvaux, inspecteur des eaux et forets, et part s’installer à Neufchateau, et termine sa vie à Bruxelles, Avenue de la Brabançonne. La cadette de la famille, Marianne épousera l’imprimeur Bourger et ira s’installer avec lui à Namur. Elle aussi décèdera à Bruxelles.

En ce milieu de XIXème, dans une Belgique nouvelle, première nation industrielle du continent, Bruxelles et Anvers ont certainement exercé une attraction extraordinaire sur les enfants de Jean-Louis Reding.

Dans le même temps, des cousins de Jean-Louis, petit-fils de la seconde épouse de son grand-père Johan Reding prendront le bateau à Anvers pour émigrer aux Etats-Unis et y trouver un avenir plus prometteur que celui du Luxembourg. Ils s’établiront près de Chicago et auront une nombreuse descendance.

Nous savons de Jean-Louis qu’il aimait peindre. Une aquarelle de sa main a malheureusement été dispersée récemment par un de ses descendants, mais il n’en reste pas moins qu’il avait une bonne patte, et que se talent s’est certainement transmis à certains de ses enfants, dont la descendance de Jean-Nicolas. (voir Léon Reding)
Il maniait bien la plume et la langue française, et avait une belle bibliothèque comme le montre son portrait.

Portrait de Jean-Louis Reding, propriété de Mme Henriette Rossi-Dupong

 

Ce portrait, qui est la propriété de Mme Henriette Rossy-Dupong, arrière-petite-fille de la fille ainée de Jean-Louis Reding a été merveilleusement conservé par la branche Waver-Schroeder-Dupong à Luxembourg.
Il est extraordinaire qu’ une copie de ce même portrait a été conservé dans la famille de son fils Lambert Reding, le pharmacien, de même que le portrait de sa femme, dont l’original se trouve, qui sait, chez un autre de ses descendants ?

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