Reconstitution du tribunal supérieur de Meysembourg
📜 Transcription originale
Préambule :
“Demnach daß hochgericht der freyherrschafft Meysembourg vor Einigen Jahren uerfallen. alß ist selbiges zu volqu ihrer Kayser und Jahr Maytt als Landtsürsten diß Hertzogtumb Lutzemburg und Graffschafft Chinij gnedigster Verwilligung so ahm siebeuten decembris deß Jahrs Tausent siebenhundert resitzehn zu Bruxelles…”Reconstitution :
“Heuth Sambstag den vierten May deß Jahrs Tausent siebenhundert undt zwantzig auf begehren undt anhalten deß Edelgebohrnen Herrn Christoffel d’Arnoult Ritteren, freyherrn zu meijsem.bourg…”Texte allemand ancien – Voir document complet sur Transkribus
🌍 Traduction française
Contexte de la reconstitution
Attendu que le tribunal supérieur de la baronnie libre de Meysembourg était tombé en désuétude depuis quelques années, celui-ci a été reconstitué aujourd’hui avec la très gracieuse autorisation de Leurs Majestés Impériale et Royale en tant que souverains territoriaux de ce duché de Luxembourg et comté de Chiny.
Cette autorisation fut accordée le 17 décembre de l’an 1718 à Bruxelles sous le sceau susmentionné de Leurs Majestés.
Acte de reconstitution – 4 mai 1720
Aujourd’hui, samedi le 4 mai de l’an 1720, à la demande et sollicitation du noble seigneur Christoph d’Arnoult, chevalier, baron libre de Meysembourg, conseiller légitime de Leurs Majestés Impériale et Catholique, et président de leur gouvernement dans le duché de Luxembourg et comté de Chiny, [le tribunal] a été nouvellement constitué et érigé.
Officiels présents à la reconstitution :
- Christoph Vlenberg – Bailli de la baronnie libre de Meysembourg
- Nicolas Vittry de Schröndweiler – Maire du tribunal supérieur
- Bernard Holtschun de Meysembourg – Échevin
- Peter Johannes – Échevin
- Wagner Heinrich de Reuslandt – Échevin
- Sinnen Theter d’Angelsberg – Échevin
- Ludwig Reicher de Blascheid – Échevin
Vérification de la présence des sujets
Avant l’érection du tribunal supérieur, les maires susmentionnés furent interrogés pour savoir si les sujets sous leur juridiction étaient présents et comparaissaient, lesquels déclarèrent qu’ils étaient apparus et présents :
Communautés représentées :
🏘️ Ville libre et villages :
- Meysembourg (ville libre)
- Schröndweiler
- Niederglabach
- Erntzen
- Reuslandt
- Blascheid
- Raschoff
- Beitweiller
- Engelsberg
👥 Maires et leurs administrés :
- Johannes Söhner (Groß Bouß)
- Martin Franz (Weiller zum Thurn)
- Nicolas Hahn (Flachsweiler et Olingen)
- Theis Reding (Saeull et Bruch)
- Peter Storck (Lorentzweiler)
- Wilhelm (Meunier de Hinsdorf)
Absences notées :
Les sujets du village pour leurs fiefs sont restés absents. Ceux d’Alsdorf ne furent pas convoqués, selon la déclaration de Johann Rosen, messager du tribunal supérieur.
Cérémonie de reconstitution
Suite à cela, le bailli susmentionné leva la main, puis le maire du tribunal supérieur et les échevins imposèrent également la main. Ce tribunal supérieur fut érigé avec l’aide, l’assistance et l’imposition des mains de tous ceux qui en relèvent et qui étaient présents.
⚖️ Signification juridique
Cette reconstitution du tribunal supérieur de Meysembourg témoigne de l’organisation judiciaire complexe du Saint-Empire romain germanique au XVIIIe siècle. L’autorisation impériale préalable (1718) et la cérémonie formelle avec imposition des mains soulignent l’importance symbolique et légale de cette restauration. Le tribunal reconstitué retrouve sa pleine juridiction sur les nombreux villages de la baronnie.
📋 Authentification notariale
Le baron libre de Meysembourg a requis le notaire impérial et royal greffier à Ettelbruck de lui établir un certificat et acte de la présente érection du tribunal supérieur. L’acte fut dressé en présence des témoins honorables :
- ✍️ Johannes Kirst – Charpentier demeurant à Fischbach
- ✍️ Jean Foladoiren – Homme lige demeurant à Medernach, charpentier
Les témoins, ne sachant écrire, ont signé de leur marque habituelle.
🏰 Impact historique
Cette reconstitution marque le retour à la normale de l’administration judiciaire dans la baronnie de Meysembourg après une période d’interruption. Elle témoigne de la vitalité des institutions locales sous l’autorité impériale et de l’importance accordée par les autorités à la justice de proximité dans les territoires luxembourgeois du XVIIIe siècle.